La guerre des standards : épisode II

200405/11

Un premier article publié le 16 juillet était surtout l'occasion de faire une publicité à Raphaël Goetter et à son excellent site alsacreations.com, véritable bibliothèque francophones pour tous ceux qui souhaitent comprendre les CSS et le XHTML.
D'autres sites font références, comme Openweb, et quelques autres blogs.
Ce deuxième épisode est né du fait qu'une déferlante se propage actuellement chez les webmasters en herbe ou confirmé et nous noie véritablement avec leur respect des standards.
Tentons de faire le point...

Les standards ne sont pas à la portée de tous


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On parcourt le web comme 99,99% des internautes, avec un navigateur. Celui-ci peut être Internet Explorer, Mozilla, Netscape, Opera, d'autres navigateurs plus marginaux, ou des navigateurs adaptés aux internautes, comme un navigateur braille par exemple.
Ainsi, la structure d'une page web va être lue différemment selon le logiciel utilisé, tout comme la mise en page reliée à cette page via une feuille de style CSS sera ou non interprétée.
Un webmaster un minimum consciencieux va donc passer ses pages aux validateurs (CSS et XHTML) afin de s'assurer qu'elles sont valides.
Pour autant, rien ne permet de dire à ce stade que tous verront bien les pages.
Alsacreations le répète souvent, vous pouvez par exemple déclarer une hauteur de DIV de 70000 pixels, c'est sémantiquement correct mais bonjour l'affichage.

De même, il est tellement répété que les tableaux sont morts que personne n'ose plus les utiliser, même pour insérer des données tabulaires, préférant ainsi imbriquer un code qui au bout du compte va alourdir le poids de la page plutôt que de l'alléger.

Moralité, plus on en apprend et plus le respect des standards paraît complexe à utiliser et à mettre en oeuvre, parcequ'il faut sans cesse hacker de la feuille de style pour assurer la multi-compatibilité, d'autant que des logiciels de références comme Dreamweaver peuvent carrément être jeté à la poubelle ou au pire utilisés comme bloc-note de luxe, générant notamment une auto-complétion du code non valide !


A quoi servent les standards ?


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La question à 1 million d'euro...
C'est bien joli d'avoir un site qui peut être vu par 100% des gens (j'ai bien écrit 100%, pas 99%), mais qu'en retire t-on si le développement nécessaire à cette accessibilité représente 150% de temps de travail en plus qu'habituellement pour cibler des gens qui ne viendront pas sur votre site ?
En clair, tous les webmasters doivent-ils s'acharner à faire des sites visibles par exemple pour les personnes handicapées alors que ces mêmes personnes handicapées
ne représente pas du tout la cible du site ?
Là, en choeur, on entend des : "boooouhhhhhh !"

Soyons encore plus provocateur alors.
En quoi un site de motos va s'adresser à des non-voyants, des épileptiques, des paraplégiques ?
Le webmaster, sous prétexte qu'il travaille pour On-da, Caouazaki ou Sukuzi (pas de pubs) et que ces sociétés sont mondialement connues, doit-il être obligé de respecter les standards ?
Pire, on voit qu'il peut avoir un site valide XHTML (strict et même 1.1) et CSS et ne pas s'afficher correctement sur certains navigateurs !

Quelle pensée terrible ne manquera t-on pas de m'attribuer, de vouloir exclure certains êtres humains sous prétexte qu'à priori ils ne représentent pas une manne financière.
Et pourquoi un paraplégique ne pourrait-il pas avoir envie d'offrir une moto à son fils ou à sa fille avec l'aide d'un site internet ?
Et voilà que le prospect handicapé existe, mais encore une fois, que représente t-il en pourcentage du CA ?

Les voix : "boooooouhhhhh !"


Que doit-on faire alors ?


Faut-il bosser sur son temps perso, j'entends privé pour développer le site idéal, ces heures ne pouvant évidemment être facturées ?
Doit-on prendre le risque de ne pas faire de site 100% accessible ?
Doit-on facturer le surcoût de travail ?
Tous les demandeurs de site exigeront-ils des webmasters avec de telles compétences dans un futur proche ?
Tous ceux qui ne respectent pas ces consignes largement et librement diffusées ne sont-ils pas alors des webmasters ?


La révolution des webmasters ?


Regardons aujourd'hui notre société Française et le traitement qu'elle offre aux personnes handicapées ?

Récemment, j'ai été témoin dans une grande surface au nom familial qu'une personne handicapée n'avait pas la priorité à une caisse pourtant réservée pour elle. Devant, des personnes dites "normales" qui ne lui ont pas laissé la place qui lui revenait.

Toujours à propos de cette même grande surface, mais à l'extérieur, aucune place réservée aux personnes handicapées n'était occupée par des véhicules ayant les macarons reconnaissables.

L'accès aux lieux publics:
Dans ma petite ville, pour accéder à l'office de tourisme quand on se met à la place d'une personne en fauteuil roulant, il faut être soit suicidaire, soit inconscient. En effet, comment traverser une rue où les voitures déboulent de tous les côtés sans se soucier des passants dits "normaux" et où aucun feu rouge n'existe ?
Prenons une ville un peu plus grande comme celle de Paris par exemple : vous trouvez que l'accès aux lieux publics est total, voir satisfaisant, voir supportable ?

Donc, dans une société qui ne fait rien, sauf du côté associatif ou privé, pour les personnes handicapées, il ne faut pas s'attendre à ce que le web montre l'exemple, sinon à travers une poignée de webmasters qui profitent peut-être de cette résonance sentimentale (qui peut être raisonnablement contre une action favorable aux handicapés ?) pour se mettre en avant.
La discrimination positive est trés à la mode et aussi porteuse d'espoir, mais si Internet se révèle souvent un immense réservoir d'altruistes, prêt à consacrer beaucoup de temps pour aider les autres gratuitement, la société nous rappelle quotidiennement à la réalité : rien ou bien peu de choses ne sont gratuites aujourd'hui.

Les voix ?


L'accessibilité a un prix


Un site web accessible à tous n'existe encore qu'en théorie. Le temps de travail qu'il faudrait pour faire tester un site sur tous les navigateurs, toutes les plateformes, tous les utilisateurs existants handicapés, sans en bannir un seul, ne serait pas réaliste du point de vue commercial.
Trouvez-vous par exemple que des sites institutionnels, malgré leurs discours pour les personnes handicapées, fassent l'effort nécessaire et suffisant pour rendre leurs pages web accessibles ?
Allez voir du côté des ces sites pour vous en rendre compte, avec l'aide bien sûr d'une personne handicapée et de son navigateur adapté.

Des développeurs ont récemment publié une liste de tout ce qu'il ne faut pas faire pour un site web.
Cette liste est aussi longue qu'un jour au pôle Sud, et pourtant réalisée par des personnes compétentes.
Si on doit tenir compte de tous les éléments de cette liste, presque aucun site web Francophones ou non ne mériterait le label de qualité ! !dodge

La suite au prochain épisode...

Dernière modification : 04/03/2008

Catégorie : Standards W3C - Web -

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