Ou en sont les solutions e-commerce Open Source actuelles ? (4346 lectures)

200803/11

ecommerceUn achat sur trois est réalisé par internet aujourd'hui en France.

Avec plus de 16 milliards d'euros de chiffre d'affaire en 2007 (en France, source Acel), le secteur de l'e-commerce est en pleine croissance.

Ou en sont les solutions e-commerce Open Source actuelles ?

 

Quelles solutions pour l'E-commerce ?

La décision du commerce en ligne ne doit pas se faire à la légère, sous prétexte qu'on serait sur internet.

Il y a certes une différence entre vendre des colliers de perle de sa fabrication personnelle et décider de se lancer dans le commerce en ligne, qu'il soit B2B, B2C, ou C2C.

La démarche n'est pas la même, les enjeux non plus, pas plus que l'image de marque et toutes les implications technico-commerciales que ça réprésente.

Si monsieur ou madame Toutlemonde peuvent se contenter dans un premier temps de s'affranchir des déclarations juridico-légales pour monter leur commerce en ligne, en attendant de voir si le chiffre d'affaire va permettre d'aller plus loin, une entreprise ne peut évidemment pas jouer dans cette catégorie amateure.

Open Source ou propriétaire : que choisir ?

Mettons les choses au point tout de suite avec le terme Open Source ; il ne signifie pas gratuit obligatoirement, ce que beaucoup ont encore tendance à croire.
Je peux faire un logiciel Open Source, mais le distribuer en échange de rétribution financière, et aussi proposer des services sur son installation et sa manipulation.

Mais l'esprit général de l'Open Source reste effectivement à la gratuité et à la disposition libre du code source.

Les avantages de l'open source sont liés à sa nature même ; en mettant un logiciel à libre disposition des internautes et en leur donnant la possibilité de le modifier,  on émule le développement naturel d'une communauté qui va (qui peut plus exactement) participer à l'enrichissement du logiciel.
C'est ainsi que la réputation d'un produit open source se fait souvent au regard de l'activité de sa communauté et de sa diversité également.
Mais ces arguments peuvent tout aussi bien être des arguments en défaveur du bon développement du logiciel, si l'équipe qui constitue ce qu'on appelle la "core team" (le noyau) n'est pas assez bien organisée pour suivre l'ensemble des contributions apportées.

Je ne m'y étendrais pas aujourd'hui, mais le principe est simple : plus la communauté est grande et plus elle est incontrolable. Chacun y va de sa participation, sans que sa contribution soit forcément validée par une équipe en amont. Contribution qui peut être de piètre qualité et ne pas être intégrée aux évolutions du logiciel.

A l'inverse, une solution propriétaire bénéficie de peu de popularité, parce que son code source n'est visible qu'après achat (ce qui peut aussi être le cas de l'open source, ne l'oublions pas), et parce qu'elle est moins déployée à priori.

Pourtant, une solution propriétaire n'est pas par nature de moins bonne qualité qu'une solution open source. Elle offre même des avantages que l'open source n'a pas : support, suivi, maintenance, formation. Avec l'open source, pour bénéficier de ces supports, il faut bien sûr les acheter, ce qui revient souvent au même sur le budget final.

Autre différence de taille, une solution propriétaire est souvent une solution sur mesure, et de ce fait totalement adaptée aux besoins du demandeur.
A l'inverse, avec de l'open source, on adpate le plus souvent les besoins du demandeur au logiciel, et non le contraire.

Bref, pas facile de choisir, n'est-ce pas ? 

Le cycle de vie moyen d'un logiciel Open Source est de moins de 7 ans.

D'où sort ce chiffre ?

D'un constat rapide fait sur des solutions Open Source parmi les plus populaires.

Les solutions "pseudos-ecommerce" 

Elles sont ainsi nommées car elles ne sont pas réellement conçues pour être de l'ecommerce, mais des plugins ou modules ajoutés à des solutions CMS existantes :

  • Wordpress, créé en 2003, toujours populaire mais pas aussi fiable et performant qu'on ne le dit,
  • Joomla, créé en 2005 pour succéder à Mambo (2000) : beaucoup ne parlent que de lui, mais j'ai parfois du mal à comprendre l'engouement qu'il suscite,
  • Drupal, créé en 2001, meilleur CMS Open Source 2007, reste l'exception parmi les logiciels open source de gestion de contenu : il semble immortel.

Les solutions typiquement E-commerce

  • Os-commerce : créé en 2000, longtemps l'unique référence open source ecommerce, en perte rapide de popularité, voir au bord du gouffre,
  • Magento : créé en 2007, élu meilleur projet Open Source 2008 ; c'est La solution e-commerce d'avenir annoncée,
  • Prestashop, créé en 2008, vient déjà concurrencer Magento, et en tout cas très largement Os-commerce,
  • Thelia, devenu open source en 2006, a visiblement oublié en cours de conception l'élément numéro d'une bonne solution e-commerce, l'usabilité.
  • ZenCart, un fork (une copie) de OsCommerce, créé uniquement pour rompre la structure en tableau de ce dernier et tenter de redonner vie à OsCommerce, n'est qu'un coup d'épée dans l'eau.

Maintenant, 7 ans de vie pour un site internet, voir e-commerce, c'est plutôt très valorisant, non ?

Il convient dès lors lorsqu'on choisit une solution de connaître son age.

Trop jeune, il n'est pas assez utilisé et il est difficile d'en connaître les qualités, sauf à le faire auditer par des spécialistes ; trop vieux, et le logiciel n'a peut-être pas suivi toutes les évolutions techniques du web, perdu en performance, ou chercher des orientations qui l'éloignent de son but initial. 

Il en est ainsi de Wordpress, qui ne peut prétendre à faire de l'e-commerce malgré un plugin e-commerce (très limité).

De même pour Joomla et Drupal, qui ne sont pas conçus à la base pour être des solutions typiquement e-commerce.
Pour ces deux dernières solutions, il convient cependant de rester informé des évolutions des plugins e-commerce, qui sont amenés à devenir plus performants avec le temps.

L'usabilité d'un logiciel E-Commerce

Un site E-Commerce, c'est une "machinerie" très complèxe qui doit pouvoir être utilisée très facilement, et par ses administrateurs, et par ses utilisateurs (les acheteurs).
Au-delà donc de l'aspect technique, il y a un facteur qui ne doit jamais être négligé, l'usabilité et l'ergonomie.
L'usabilité, c'est la capacité, l'efficacité et la satisfaction avec lesquelles un groupe d'utilisateurs ciblés arrive à réaliser une série de tâches dans un environnement particulier.

Usabilité des administrateurs, usabilité des utilisateurs (les clients), usabilité des développeurs, usabilité des intégrateurs, il existe ainsi plusieurs usabilités selon les groupes d'intervenants sur le logiciel.

L'ergonomie, que je distingue de l'usabilité contrairement à d'autres, est la somme des connaissances et expériences en IHM (Interface Homme-Machine) qui permettent d'optimiser l'usabilité.

Rien ne sert d'avoir la meilleure solution technique e-commerce si son usabilité et ergonomie sont faibles : la gestion du catalogue sera rendu très complexe pour des non initiés et le facteur réussite d'achat très faible par les clients.

Nous avons "éliminé" les solutions trop anciennes, obsolètes (type OsCommerce ou sa copie ZenCart) ou non adaptées à du vrai commerce en ligne (plugins pour Wordpress, Drupal ou Joomla), il ne reste plus qu'un trio final composé de Magento, Prestashop ou Thelia.

Thelia est l'exemple type d'un logiciel e-commerce, qui peut être très bien modélisé d'une part et propre techniquement, mais qui a visiblement été conçu sans aucune expérience en IHM, rendant son usabilité proche de zéro.
Comment fait-on pour attribuer une note aussi sévère et sans appel à un logiciel ?
Tout simplement par constat : le fait de le tester et de se demander sans cesse, à force de clics, comment on fait pour executer une action ne peut pas faire d'un logiciel un bon logiciel.

Magento et Prestashop : deux solutions d'avenir

A la date de ce post, il existerait sauf ommission d'une autre solution open source viable deux concurrents : Magento et Prestashop.
Sans prétendre à un comparatif exhaustif de ces solutions, voici néanmoins un état des lieux rapide de ces deux logiciels très prometteurs qui semblent avoir un bel avenir devant eux.

Loin de moi l'idée de décerner une médaille d'or à l'un des deux pour l'instant, même si après deux semaines de tests, ce qui reste peu, ma préférence va très nettement à Prestashop. Ce qui n'enlèvre rien à la qualité de Magento, qui a plus vocation il me semble d'être hors normes et plus approprié aux gros comptes.

 
MagentoPrestashop 
Conception Modèle MVC basé sur le framework Zend
PHP5 object + smarty
Origine
Société Varien (USA)
Société Prestashop (France)
Internationalisation
oui
oui (15 langues par défaut)
Documentation
API détaillée mais la documentation française donne l'impression de ne pas maîtriser l'ensemble du logiciel, surtoput dans ses basiques
Faible actuellement
Communauté
Très bonne
Très bonne
Ressources serveur requises
Très gourmand (comme Ezpublish)
Normales
 SVNoui
non
Démosoui
oui
Facilité d'installation
complexe à très complexe
très simple
Bugs à l'installation*
oui
non
Bugs à l'utilisation** ouinon
Usabilité du Backend
++
++++
Fonctionnalités du Backend
++++
mais ces avantages en font aussi un "usine à gaz"
+++
Facilité de personnalisation du design
++++
++++
Facilité de création de modules (hooks)
+
mais possède déjà plus de fonctionnalités que Prestashop
++++
Gestion de contenu
pas de gestion enrichie ??!!
gestion de gestion enrichie avec TinyMCE
accès aux traductions très rapide
Librairies Javascripts
Prototype
Prototype / Jquery /TinyMCE
Gestion multi sites et multi boutiques
oui, mais documentation défaillante
non

On le voit, côté usabilité, Prestashop a un meilleur rendement aujourd'hui que Magento, et il ne nécessite pas de ressources serveur exceptionnelles comme l'exige Magento. Avec ce dernier, la création d'un produit peut devenir une vraie sinécure et prendre plus de 30 secondes rien qu'en temps d'enregistrement (donc hors saisie) ; on laisse imaginer le temps total à la création d'un catalogue produit.

Si le défaut de Prestashop réside aujourd'hui dans sa documentation détaillée, notamment sur l'API, leurs concepteurs annoncent cela pour bientôt, ce qui est de toute façon un passage obligé pour une solution qui a vocation à être un sérieux concurrents à Magento pour des petites et moyennes entreprises. 

Dans l'absolu, les deux solutions sont excellentes. On préfèrera l'une plutôt que l'autre en fonction de la complexité du catalogue à déployer, des ressources serveur disponibles, de la fréquentation, du besoin de gérer plusieurs boutiques avec la même solution, et de la confiance en la pérennité de la solution, ce dernier point donnant un avantage plutôt net à Magento, qui paraît avoir les épaules plus larges que son concurrents sur de nombreux points. 

* bugs à l'installation : malgré une configuration correcte (php 5.2.0 min et mysql 5.0.1), il a été impossible d'installer Magento sans changer d'environnement de travail (Wamp 5 par Wampserver 2).

** bugs à l'utilisation :  si les démos en ligne (front et back) sont dépourvus de bugs, il a été impossible de pouvoir générer le menu d'un catalogue produit ni l'affichage des produits avec Magento ; le produit est encore récent, il faut lui accorder beaucoup d'indulgence, mais il est clair qu'il est complexe à utiliser et que de sérieuses compétences sont requises, notamment sur la connaissance du Zend framework.

Dernière modification : 09/11/2008

Catégorie : CMS - Web - E-commerce -

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Commentaires

3.  posté le 09/06/2009 par HARBAOUI

très bon article

4.  posté le 21/06/2009 par momo-fr

J'aimerai une mise à jour sur cet article, notamment avec la dernière version de Thelia qui me semble avoir fait de grands progrès sur le BO.

5.  posté le 22/06/2009 par Fred

@momo-fr

Je serais intéressé pour lire quelque chose là-dessus momo ; qu'attends-tu pour l'écrire ?

6.  posté le 14/11/2009 par Pierre

Prestashop semble être une solution très intéressante, mais ne pas oublier que derrière cette solution open source se cache un nombre incalculable de modules payants (et relativement cher !).
Vous souhaitez proposer le paiement par carte via CM-CIC ? OK ça coute 300 € (hors contrat VAD bien évidemment). Un module de suivi de colis coliposte ? 180 €. Un module de référencement histoire de faire connaitre un peu votre boutique ? 250 €. Rendre un produit indisponible si le stock est à 0, tout bête mais ça coute 50 €.
Quelques petites animations flash histoire de rendre tout ça un peu plus sexy, prenez donc quelques modules à 100 ou 200 € chaque.

Résultat, au fond cette solution super bien fichue n'a vraiment d'open source que le nom. Vous pensez pouvoir vous faire une boutique super complète à moindre frais, c'est un peu raté.

7.  posté le 19/11/2009 par greg

Parmi les critères de comparaison, il y a aussi la capacité à s'interfacer avec un erp.
Il semblerait que magento le fait avec openerp
http://www.progilibre.com/Magento-connecte-a-OpenERP-grace-a-Smile_a658.html
Quand à prestashop, je ne sais pas

8.  posté le 19/11/2009 par Fred

@greg
Je ne partage pas cet avis, car chaque structure utilise son progiciel de gestion, qui est souvent choisit bien avant la boutique. Et il existe des dizaines d'ERP, qu'une entreprise ne choisit pas (encore) parce qu'il serait Open Source mais parce qu'il est performant et adapté à ses besoins.
Ca veut dire qu'il faudrait que Magento ou Prestashop développent autant de modules d'interfaçages qu'il existe d'ERP, du moins les plus performants ?
Ou alors on ne s'occupe que des ERP Open Source ?
Ou alors l'entreprise doit changer d'ERP ? Impossible.

A part ça, il semblerait qu'il existe une passerelle entre Prestashop et OpenBravo, mais je n'ai pas de certitude là-dessus.

Par contre, vous avez raison et j'ai forcément oublié des critères de comparaison, l'article est assez succint.
Parmi ces critères, on pourrait ajouter une passerelle avec un CRM (système de gestion des relations clients) ?

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