Web 2.0 : une nouvelle bulle internet ou un effet marketing ?
200627/02
Qu'est-ce qu'on appelle le Web 2.0 ?

Le Web 2.0 est un terme aujourd'hui exclusivement employé dans le monde des développeurs ou des experts de la veille internet.
Il divise et provoque des réactions parfois violentes, à défaut virulentes et agressives.
D'un côté les pragmatiques (en général des développeurs), qui ne voient qu'un effet d'annonce (un buzz) sans définition précise, et de l'autre des experts des TIC, qui prédisent un renouveau des services web par ce qu'ils appellent le Web 2.0.
Le terme Web 2.0 sous-entend qu'il y a eu un Web 1.0 auparavant, et que ce nouvel internet prédit par certains apportera le renouveau nécessaire aux services en ligne, en les rendant notamment aussi ergonomiques que les applications de bureau.
Quelles technologies utilise le Web 2.0 ?
Le Web 2.0 n'est pas le fruit de nouvelles technologies mais il utilise des technologies existantes depuis le début d'internet.
Le Web 2.0 est souvent assimilé à l'emploi d'une architecture client-serveur qu'on nomme Ajax, utilisant XML (par la fonction XMLHTTPRequest de Javascript) en mode asynchrone afin de renvoyer plus vite les données sur le navigateur.
Pour autant, Ajax n'est nullement nécessaire pour constituer ce Web 2.0, même si ces exemples les plus marquants aujourd'hui sont architecturés autour d'Ajax (Cf en fin d'article). Le respect des normes du W3C, l'accessibilité des documents web, les outils de travail collaboratifs en ligne (wiki, suite bureautique), les CMS (blog), et autres technologies telles que les fils d'infos, participent à la construction de ce Web 2.0.
Le Web 2.0 n'est donc pas une nouvelle technologie mais un changement des mentalités et des orientations des services web.
Web 2.0 : mythe ou réalité ?

La nature même d'internet, le réseau des réseaux, qui propose plusieurs milliards de pages web consutables depuis n'importe quel endroit de la planète, induit de ses utilisateurs des comportements radicalement différents lorsqu'il s'agit de chercher et de consulter de l'information.
Nous sommes, parce que connecté à internet, de nature pressé. Aussi, il faut que les requêtes qu'on demande à un moteur de recherche soient rapides à s'executer, et que les pages demandées le soient tout autant. Enfin, à l'intérieur de ces pages, l'information doit être immédiatement accessible à son visiteur, et l'accès à cette information encore une fois la plus rapide possible : temps de chargement d'une page, nombre de clics pour accéder à la page demandée, ...
Pour celà, les technologies déployées, l'ergonomie, sont évidemment des paramétres importants.
Il faut bien saisir qu'un internaute cherchant une information ne se comportera jamais comme un bibliophile à la recherche d'un livre. Ce dernier engage une action physique, qui nécessite forcément d'avoir le temps : le temps de se rendre dans une bibliothèque, le temps de chercher un document, le temps de consulter ce document, le temps de photocopier ce document ou de remplir le bordereau d'emprunt du document.
La différence majeur entre un internaute et un bibliophile, c'est celle qui existe entre un citadin aux heures de pointes et un habitant de la campagne qui n'a que 5 minutes de trajet pour se rendre à son travail.
Chacun atteindra son objectif et remplira son rôle, mais l'état d'esprit et le stress ne seront pas les mêmes.
Parce que tout va plus vite dans les grandes villes, le consommateur doit être particulièrement séduit pour accepter de consulter un service en ligne et pour être fidélisé à ce service.
Le moindre écart, la moindre page qui met trop de temps à charger, le moindre formulaire web qui donnerait l'impression de soutirer des informations à caractères privés sans justification, le moindre site qui demande trop de clics pour accéder à une information, où dont l'ergonomie mal pensée ne permet pas d'accéder facilement et rapidement à un document, et la sanction de l'internaute est fatale : il quitte la page web, et probablement le site, avec beaucoup de chances de ne plus jamais y revenir.
Je m'autorise ce dernier parallèle : à la campagne, pourquoi se presser lorsqu'il n'y a que 5 boutiques à visiter ; on en fera vite le tour, alors autant prendre son temps...
Le Web qui se profile ressemblera à une gigantesque mégalopole ou il faudra gérer son temps efficacement pour ne pas le perdre.
Le Web 2.0 est au Web 1.0 ce que le haut débit est au bas débit : un net renouveau et une amélioration globale des services.
On le voit, ce Web 2.0 annoncé doit permettre d'apporter de meilleurs services à la clientèle, ou à l'internaute puisque le web n'est pas (heureusement) qu'un espace marchand.
Cela ne signifie pas qu'on va lui offrir les apéritifs pendant le chargement d'une page ou le dernier échantillon d'un produit publicitaire si l'internaute consulte suffisamment de pages ou remplit un formulaire.
Non, le Web 2.0 nécessite de repenser les sites tels qu'ils existent dans leur grande majorité aujourd'hui, en déployant des technologies existantes afin de servir plus vite et mieux la demande.
Ce qui n'empêche pas le marketing de venir mettre son grain de sel dans la fidélisation et la capacité à conduire un internaute à une page ciblée.
A qui profite le Web 2.0 ?
A tout le monde. Et c'est en cela qu'il est radicalement différent du Web 1.0 des années 90.
On commence à concevoir le web et ses documents non plus en tant que rapport individuel à une machine (on lit du contenu seul) mais dans une dimension plus social de l'internet, où le lecteur peut devenir lui-même éditeur et participer ainsi à la propagation d'une information et l'enrichir.
Les blogs, les wikis, les CMS (2.0 ?), les forums sont autant d'outils qui peuvent servir le travail collaboratif en ligne et enrichir la vocation originelle d'internet : le partage des informations et sa diffusion à grande échelle.
Cela revient à dire qu'on va vers une professionnalisation des services afin de proposer à l'internaute des documents plus accessibles, plus rapides à charger.
De la même façon, le développement d'outil de travail collaboratif en ligne vont bénéficier de cet apport technologique existant.
Le Web 2.0 n'est rien d'autre qu'une adaptation à la demande et une prise de conscience que les outils existaient déjà pour fournir cette demande.
Par ailleurs, et ce n'est pas peu dans son usage, l'accès haut débit à internet favorise l'utilisation de solutions technologiques qui étaient limitantes pour les bas débits auparavant.
15 millions d'internautes auraient déjà en France un accès à internet en haut débit (étude Médiamétrie).
Et si le Web 2.0 n'était rien d'autre qu'une Rich Internet Application (RIA) ?
Les RIA, terme introduit par Macromédia en 2002 dejà, proposent depuis ce temps d'utiliser des applications web avec l'ergonomie des applications de bureau.
Les plus étonnantes de ces applications sont développées en Flash, mais elles peuvent l'être en Ajax, voir dans d'autres technologies qui seront avec le temps implémentées sur les navigateurs modernes : SVG (Scalable Vector Graphics, format de fichier basé sur XML permettant de décrire des ensembles de graphiques vectoriels.), XUL (XML-based User interface Language, langage de description d'interfaces graphiques basé sur XML créé dans le cadre du projet Mozilla), ...
Quelques exemples d'applications estampillées Web 2.0 / RIA
- Google Pages Creator : l'éditeur de pages web de GoogleVoir la page Google Pages Creator : l'éditeur de pages web de Google. Lien externe (nouvelle fenêtre ou nouvel onglet > clic droit)
- Writely, l'éditeur de texte en ligneVoir la page Writely, l'éditeur de texte en ligne. Lien externe (nouvelle fenêtre ou nouvel onglet > clic droit)
- Num Sum, un tableur en ligneVoir la page Num Sum, un tableur en ligne. Lien externe (nouvelle fenêtre ou nouvel onglet > clic droit)
- A9 : un moteur de recherche basé sur Ajax
- LaszloVoir la page Laszlo. Lien externe (nouvelle fenêtre ou nouvel onglet > clic droit)
- Google Maps, une cartographie aérienne de la planèteVoir la page Google Maps, une cartographie aérienne de la planète. Lien externe (nouvelle fenêtre ou nouvel onglet > clic droit)
- Google NewsVoir la page Google News. Lien externe (nouvelle fenêtre ou nouvel onglet > clic droit)
- Google personnalisé pour récupérer les fils d'infosVoir la page Google personnalisé pour récupérer les fils d'infos. Lien externe (nouvelle fenêtre ou nouvel onglet > clic droit)
- Google GmailVoir la page Google Gmail. Lien externe (nouvelle fenêtre ou nouvel onglet > clic droit)
Dernière modification : 22/02/2008
Catégorie : Web - Webservices -
Commentaires
Les commentaires sont désactivés.

